La taxe de cohabitation apparaît parfois sur votre avertissement-extrait de rôle sans que vous compreniez vraiment pourquoi vous devez la payer. Cette taxe communale vise des situations de vie commune dans un même logement, mais son application varie énormément d’une ville à l’autre. Certaines communes l’imposent aux colocataires non apparentés, d’autres l’étendent aux couples non mariés ou aux familles recomposées. Vous allez découvrir qui doit réellement s’acquitter de cette taxe, comment son montant est calculé, dans quels cas vous pouvez obtenir une exonération et surtout comment contester si vous estimez qu’elle ne s’applique pas à votre situation.
Comprendre la taxe de cohabitation et vérifier si vous êtes concerné

La taxe de cohabitation repose sur l’idée que plusieurs personnes occupent durablement un même logement dans une configuration qui dépasse le cadre familial classique. Mais la notion de « cohabitation taxable » reste floue et dépend entièrement du règlement fiscal adopté par votre commune. Avant de vous inquiéter du montant ou de préparer une contestation, il est essentiel de comprendre sur quels critères précis votre ville se base pour vous réclamer cette taxe.
Qui doit réellement payer la taxe de cohabitation selon les communes
Les communes belges disposent d’une grande autonomie fiscale et définissent librement les situations de cohabitation qu’elles souhaitent taxer. Dans la majorité des cas, la taxe vise les personnes non apparentées qui partagent un logement, comme des colocataires ou des amis. Certaines villes élargissent toutefois le champ d’application aux couples non mariés, même en union stable, ou à des membres de la famille élargie comme un frère, une sœur ou un parent âgé qui rejoint le foyer.
Le règlement fiscal communal précise généralement les catégories de personnes visées et les exceptions prévues. Par exemple, la cohabitation entre époux ou partenaires liés par une cohabitation légale est presque toujours exclue, tout comme la cohabitation entre parents et enfants mineurs. En revanche, un enfant majeur qui continue de vivre chez ses parents peut être considéré comme cohabitant taxable dans certaines communes.
Comment les communes définissent concrètement la notion de cohabitation taxable
Pour établir qu’une cohabitation existe, les services fiscaux communaux se basent principalement sur les registres de population. Si plusieurs personnes majeures sont domiciliées à la même adresse sans lien conjugal ou familial direct, la présomption de cohabitation taxable s’applique. La durée d’occupation joue également un rôle : un séjour de quelques semaines ou un hébergement ponctuel ne suffit généralement pas à déclencher la taxe.
Certaines communes regardent aussi la mise en commun des espaces de vie et des charges du logement. Un bail de colocation, un partage des factures ou une occupation permanente des lieux renforcent le caractère durable de la cohabitation. À l’inverse, si vous pouvez prouver que votre domiciliation est purement administrative et que vous n’occupez pas réellement le logement au quotidien, vous pourrez contester l’application de la taxe.
Taxe de cohabitation et colocation étudiante : êtes-vous vraiment visé
La colocation étudiante soulève beaucoup de questions, car elle répond souvent à un besoin temporaire lié aux études. Certaines communes excluent expressément les étudiants de la taxe de cohabitation, reconnaissant le caractère transitoire de leur situation. D’autres appliquent la taxe sans distinction, considérant que la colocation étudiante ne diffère pas fondamentalement d’une autre forme de vie commune.
Si vous êtes étudiant et domicilié dans un kot ou un logement partagé, vérifiez le règlement fiscal de votre commune d’accueil. Vous pouvez aussi conserver une domiciliation chez vos parents et demander une attestation de résidence temporaire, ce qui évite parfois la taxation. En cas de doute, un contact avec le service fiscal communal clarifie rapidement si votre situation déclenche ou non la taxe.
Montant, calcul et modalités de paiement de la taxe de cohabitation

Une fois que vous savez si vous êtes concerné, la question du montant devient centrale. Contrairement à l’impôt sur les revenus, la taxe de cohabitation ne dépend pas de ce que vous gagnez. Chaque commune fixe librement un tarif forfaitaire, ce qui explique des écarts parfois considérables d’une ville à l’autre. Comprendre comment ce montant est déterminé et quand il vous sera réclamé vous permet d’anticiper cette charge et d’organiser votre budget en conséquence.
Comment est calculé le montant de la taxe de cohabitation dans votre ville
Le montant de la taxe de cohabitation est généralement forfaitaire et voté chaque année par le conseil communal lors de l’adoption du budget. Certaines communes appliquent un tarif unique par logement, indépendamment du nombre de cohabitants. D’autres calculent la taxe par personne en situation de cohabitation, ce qui peut alourdir la facture dans les colocations à trois ou quatre occupants.
Voici quelques exemples de montants observés en 2025 dans différentes communes belges :
| Commune | Montant annuel | Mode de calcul |
|---|---|---|
| Liège | 125 € | Par personne |
| Namur | 200 € | Par logement |
| Charleroi | 150 € | Par personne |
Pour connaître le montant exact applicable dans votre situation, consultez le règlement-taxe communal ou contactez directement le service des finances de votre ville. Ces documents sont souvent disponibles en ligne sur le site officiel de la commune.
À quel moment la taxe est réclamée et quelles sont les modalités de paiement
La taxe de cohabitation est réclamée via un avertissement-extrait de rôle, document officiel qui mentionne le montant dû, la période taxée et les délais de paiement. La plupart des communes envoient cet avertissement une fois par an, souvent en début d’année civile ou dans le courant du printemps. Le délai de paiement est généralement de deux mois à compter de la date d’envoi, mais peut varier selon les règlements locaux.
Si vous ne pouvez pas payer en une seule fois, contactez rapidement le service financier de votre commune. Certaines villes acceptent des plans de paiement échelonnés sur demande motivée, surtout si vous traversez des difficultés financières temporaires. En cas de retard sans contact préalable, des intérêts de retard et des majorations peuvent s’ajouter au montant initial, augmentant ainsi le coût total de la taxe.
Exonérations, réductions et situations particulières de cohabitation
Toutes les cohabitations ne sont pas taxées de la même manière, et certaines situations bénéficient de protections spécifiques inscrites dans les règlements communaux. C’est souvent dans ces nuances que se joue la possibilité d’éviter totalement la taxe ou d’obtenir une réduction significative. Les cohabitations motivées par la solidarité familiale, l’assistance à une personne dépendante ou certaines configurations conjugales peuvent échapper à l’imposition, à condition de respecter les conditions définies par votre commune.
Dans quels cas peut-on obtenir une exonération de taxe de cohabitation
De nombreuses communes prévoient des exonérations pour les cohabitations entre membres d’une même famille proche, comme les parents avec leurs enfants majeurs ou les frères et sœurs. Cette dispense repose sur l’idée que ces situations relèvent davantage de la solidarité familiale que d’un choix économique de partage de logement. Pour en bénéficier, vous devrez souvent prouver le lien de parenté par des documents officiels comme des actes de naissance ou un livret de famille.
D’autres motifs d’exonération existent, notamment pour des raisons sociales ou médicales. Si vous accueillez une personne en situation de handicap, un parent atteint d’une maladie grave ou un proche nécessitant une assistance quotidienne, votre commune peut prévoir une dispense totale ou partielle. Ces exonérations ne sont presque jamais automatiques : vous devez introduire une demande écrite auprès du service fiscal communal, accompagnée des justificatifs nécessaires.
Cohabitation pour raison de soins ou d’assistance : quelles protections prévues
Lorsque vous accueillez un parent âgé dépendant ou une personne nécessitant des soins réguliers, la logique de solidarité prend le dessus sur la logique fiscale. Plusieurs communes reconnaissent ce contexte particulier et prévoient des régimes plus favorables, voire une absence totale de taxe de cohabitation. Pour faire valoir cette protection, il est utile de joindre à votre demande d’exonération des certificats médicaux, des attestations de dépendance ou tout document prouvant que la cohabitation répond à un besoin d’assistance.
Par exemple, si vous hébergez votre mère de 82 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer, vous pouvez demander une exonération en fournissant un certificat médical attestant de sa perte d’autonomie. Certaines communes acceptent aussi les attestations de services d’aide à domicile ou de mutuelles comme preuves de la nécessité de cohabitation. Plus votre dossier est documenté, plus vous augmentez vos chances d’obtenir une dispense.
Cas des couples non mariés et partenaires : traitement fiscal et précautions
Les couples non mariés qui vivent ensemble sans avoir formalisé leur union par une cohabitation légale peuvent être considérés comme cohabitants taxables dans certaines communes. Cette situation surprend souvent les personnes concernées, qui ne s’attendent pas à payer une taxe supplémentaire simplement parce qu’elles partagent un logement avec leur partenaire.
Si vous êtes en couple et domiciliés à la même adresse, plusieurs options s’offrent à vous pour clarifier votre situation fiscale. La première consiste à déclarer une cohabitation légale auprès de l’officier de l’état civil, ce qui vous fait généralement échapper à la taxe de cohabitation. La seconde option est de vérifier le règlement fiscal de votre commune : certaines villes excluent expressément les couples stables de la taxation, même sans cohabitation légale officialisée. En cas de doute, une demande écrite au service fiscal communal permet d’obtenir une position claire sur votre situation.
Contester une taxe de cohabitation ou faire adapter sa situation
Il arrive régulièrement que des contribuables reçoivent une taxe de cohabitation alors que leur situation ne correspond pas au cadre prévu par le règlement communal. Erreur de domiciliation, méconnaissance d’une exonération applicable ou changement de situation non pris en compte : les motifs de contestation sont variés. Vous disposez alors de voies de recours précises, avec des délais stricts à respecter pour que votre démarche soit recevable. Cette dernière partie vous guide sur les réflexes à adopter si vous jugez la taxe injustifiée.
Comment réagir si vous recevez une taxe de cohabitation que vous contestez
Dès réception de votre avertissement-extrait de rôle, lisez attentivement les informations mentionnées : période taxée, montant réclamé, date limite de paiement et surtout modalités de réclamation. Le document indique généralement un délai de réclamation, souvent de trois ou six mois à compter de la date d’envoi. Ce délai est impératif : toute contestation introduite après cette échéance sera automatiquement rejetée pour irrecevabilité.
Avant de rédiger votre réclamation, consultez le règlement-taxe communal pour vérifier les conditions d’application et les éventuelles exonérations prévues. Si vous identifiez un motif légitime de contestation, préparez un courrier structuré adressé au collège communal ou au directeur financier, selon les indications de votre commune. Exposez clairement les faits, citez les articles du règlement que vous invoquez et joignez toutes les pièces justificatives pertinentes.
Quels arguments et preuves mettre en avant pour une réclamation solide
Les arguments les plus efficaces pour contester une taxe de cohabitation s’appuient sur des preuves matérielles de votre situation réelle. Si vous contestez l’existence même d’une cohabitation, fournissez des documents de domiciliation montrant que vous n’habitez pas réellement à l’adresse concernée, des factures d’électricité ou d’eau à une autre adresse, ou des attestations d’employeur prouvant que vous travaillez dans une autre région.
Si vous invoquez une exonération pour raison familiale ou médicale, joignez les certificats et attestations nécessaires. Par exemple, pour une cohabitation avec un parent dépendant, fournissez un certificat médical récent, une attestation de reconnaissance du handicap ou un document de la mutuelle. Pour une situation familiale, présentez un acte de naissance, un livret de famille ou tout document officiel établissant le lien de parenté.
Voici quelques exemples d’arguments de contestation fréquents :
- Absence de cohabitation effective malgré la domiciliation administrative
- Cohabitation entre membres d’une famille proche couverte par une exonération
- Situation temporaire ne remplissant pas le critère de durabilité
- Erreur sur la période taxée ou sur l’identité des personnes concernées
- Application d’une exonération médicale ou sociale prévue par le règlement
Que faire si la taxe de cohabitation pèse trop lourd sur votre budget
Si la taxe est légalement due mais que son paiement pose un problème financier sérieux, ne laissez pas la situation se dégrader. Contactez rapidement le service financier de votre commune pour exposer vos difficultés. De nombreuses villes acceptent des plans de paiement échelonnés, surtout si vous démontrez votre bonne foi et votre volonté de régulariser votre situation.
Pour appuyer votre demande de facilités de paiement, préparez un dossier simple mais complet : vos dernières fiches de paie, vos éventuels avis de chômage ou d’aide sociale, un aperçu de vos charges mensuelles. L’objectif n’est pas de dramatiser votre situation, mais de montrer concrètement que le paiement en une seule fois représente une charge disproportionnée par rapport à vos ressources actuelles.
Dans certains cas exceptionnels, comme une perte d’emploi récente, une maladie grave ou une séparation conflictuelle, vous pouvez aussi demander une remise gracieuse totale ou partielle. Cette possibilité reste à la discrétion du collège communal, qui examine chaque demande individuellement. Même si l’issue n’est pas garantie, une démarche bien argumentée et documentée augmente significativement vos chances d’obtenir un aménagement de votre dette fiscale.
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